{"id":1030,"date":"2017-08-19T06:50:15","date_gmt":"2017-08-19T04:50:15","guid":{"rendered":"http:\/\/400dn.com\/?p=1030"},"modified":"2017-08-19T06:50:15","modified_gmt":"2017-08-19T04:50:15","slug":"somoto-son-canyon-et-don-bayardo","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/400dn.com\/index.php\/fr\/2017\/08\/19\/somoto-son-canyon-et-don-bayardo\/","title":{"rendered":"Somoto, son canyon et Don Bayardo"},"content":{"rendered":"<p>Nous arrivons \u00e0 Somoto le 5 ao\u00fbt, en \u00ab&nbsp;chicken bus&nbsp;\u00bb bien entendu. Au terminal de bus, \u00e0 notre descente, nous sommes accost\u00e9s par une homme, sec, aux yeux bienveillants et au sourire ferm\u00e9, un peu \u00ab&nbsp;monalisien&nbsp;\u00bb. Son nom se lit sur son polo&nbsp;: Bayardo Soriano.<\/p>\n<p>Il nous attend depuis fin de matin\u00e9e, ne sachant pas quel bus nous avions pris d&rsquo;Est\u00e9li mais nous arrivons vers 15h.Une heure plus tard nous sommes chez lui, dans sa ferme \u00e0 Sonis, situ\u00e9e \u00e0 l&rsquo;entr\u00e9e du canyon, et nous montons notre tente dans le jardin \u00e0 c\u00f4t\u00e9 des 2 chambres qu&rsquo;il loue.Le sol est rocailleux et il est difficile de planter nos sardines.En d\u00e9but de soir\u00e9e, nous l&rsquo;accompagnons pour ramener ses vaches et veaux \u00e0 la ferme.Dona Susana, son \u00e9pouse, nous a entretemps pr\u00e9par\u00e9 notre repas du soir qui nous est servi par Vanessa, la benjamine de leur 4 filles, le repas, simple mais g\u00e9n\u00e9reux, refl\u00e8te fid\u00e8lement le caract\u00e8re de nos h\u00f4tes.<\/p>\n<p>Don Bayardo semble avoir h\u00e9rit\u00e9 les qualit\u00e9s de son chevaleresque homonyme fran\u00e7ais et je le crois volontiers sans peur et sans reproche. Sa famille est unie, le couple est ensemble depuis 30 ans et leurs 4 enfants, ainsi que leurs petits-enfants vivent \u00e0 leur c\u00f4t\u00e9, dans des maisons situ\u00e9es sur le m\u00eame terrain&nbsp;;leurs sourires et leurs yeux traduisent pudiquement un bonheur de vivre simple. Pendant une semaine nous vivons avec eux, nous nous sentons partie de leur famille et leur sollicitude est permanente&nbsp;: quand ce n&rsquo;est pas Don Bayardo qui ne veut pas que nous dormions sous tente lors de la deuxi\u00e8me nuit, pluvieuse \u00e0 torrent, c&rsquo;est son \u00e9pouse qui vient aux nouvelles de Lili, souffrant d&rsquo;un lumbago la bloquant au lit toute la journ\u00e9e (durant laquelle, de toute fa\u00e7on il n&rsquo;a fait que tomber des trombes d&rsquo;eau) ou Claudia, la fille ain\u00e9e, qui administre un rem\u00e8de local lorsque Nicky ne sent pas bien (rien de grave, juste quelques petits probl\u00e8mes gastriques, habituels en voyage dans un endroit o\u00f9 notre corps n&rsquo;a pas encore de r\u00e9ponse ad\u00e9quate aux bact\u00e9ries indig\u00e8nes).<\/p>\n<p>Dans cette ferme, nos filles sont aux anges entour\u00e9es de poules, poussins, vaches, veaux, cochons,chat, chiens&#8230;quand elles arrivent \u00e0 se r\u00e9veiller suffisamment t\u00f4t, elles aident Don Bayardo \u00e0 traire ses vaches.<\/p>\n<p>Nous ne nous pressons pas pour visiter le canyon et profitons de la rivi\u00e8re proche pour nous y baigner, quand le temps le permet. Lundi, Don Bayardo nous a emmen\u00e9s \u00e0 2 pas de la fronti\u00e8re hondurienne, \u00e0 une douzaine de kilom\u00e8tres de Sonis, pour chercher ses \u00e2nes et nous a guid\u00e9, par des chemins de muletier, vers une autre rivi\u00e8re, aux rives escarp\u00e9es, o\u00f9 nous avons nag\u00e9s pour nous rafraichir.L&rsquo;orage nous a pris par surprise et nous avons d\u00fb rebrousser chemin, car le terrain \u00e9tait devenu trop boueux par endroit et trop glissant \u00e0 d&rsquo;autres. Nous nous sommes mis \u00e0 l&rsquo;abri chez une de ses tantes dont le caf\u00e9 et le sourire nous ont permis de nous r\u00e9chauffer.<\/p>\n<p>G\u00e9n\u00e9ralement, les touristes viennent \u00e0 Somoto pour la journ\u00e9e, arrivant de Managua ou d&rsquo;Est\u00e9li, le matin, pour s&rsquo;en repartir vers 4 heures de l&rsquo;apr\u00e8s-midi. Le tout organis\u00e9 par des agences de voyage de ces villes, offrant un all-in (transport, visite du canyon, repas) \u00e0 25$ par personne. Et ces agences travaillent presqu&rsquo;exclusivement avec un guide local, plus malin ou plus avide que les autres, par ailleurs r\u00e9f\u00e9renc\u00e9 aupr\u00e8s de guides de voyage internationaux (lonely planet, entre autres).<\/p>\n<p>Don Bayardo ne l&rsquo;envie pas et pr\u00e9f\u00e8re continuer \u00e0 travailler par recommandation et bouche-\u00e0-oreille. Il \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 l\u00e0 \u00e0 arpenter le canyon en 1998 avant m\u00eame qu&rsquo;il ne soit \u00ab&nbsp;d\u00e9couvert&nbsp;\u00bb par des tch\u00e8ques en 2002\/2003 puis d\u00e9cr\u00e9t\u00e9 monument national et ouvert aux touristes (2006, je crois) . Les guides locaux, une petite quarantaine, se sont organis\u00e9s en coop\u00e9rative, divis\u00e9e en 5 groupes, chacun accueillant les visiteurs \u00e0 l&rsquo;entr\u00e9e du canyon un jour par semaine (le weekend, il y a du travail pour tous, g\u00e9n\u00e9ralement). Le revenu des visites faites par Don Bayardo est partag\u00e9 avec les autres guides de son groupe, et r\u00e9ciproquement.<\/p>\n<p>Nous avons bien \u00e9videmment fait le canyon avec Don Bayardo et sa fille Claudia, qui apprend \u00e9galement le m\u00e9tier de guide (il lui manque encore la licence). Les eaux n&rsquo;\u00e9taient pas trop profondes malgr\u00e9 les pluies des derniers jours mais troubl\u00e9es par la boue charri\u00e9e suite \u00e0 ces pluies.<\/p>\n<p>Cela n&rsquo;a rien enlev\u00e9 \u00e0 la majest\u00e9 du paysage ni \u00e0 l&rsquo;exp\u00e9rience in\u00e9dite pour nous, de descendre la rivi\u00e8re \u00e0 la nage (avec gilet de sauvetage) ou sur une bou\u00e9e, nous laissant port\u00e9s par les courants ou accroch\u00e9s le long des parois tombant presqu&rsquo;\u00e0 pic dans l&rsquo;eau turbulente. Nous descendons la rivi\u00e8re \u00e0 notre aise et laissons passer d&rsquo;autres groupes (nous n&rsquo;avons pas de bus \u00e0 prendre pour rentrer) , men\u00e9s par des guides plus jeunes et plus inexp\u00e9riment\u00e9s, n&rsquo;h\u00e9sitant pas \u00e0 demander de l&rsquo;aide \u00e0 Don Bayardo pour traverser tel ou tel torrent. A mi-chemin, nous avons eu un instant de forte angoisse, lorsque Lara s&rsquo;est d\u00e9cid\u00e9e \u00e0 sauter \u00e0 la suite de ses soeurs et de N\u00e9mo, d&rsquo;un rocher \u00e0 6 ou 7 m\u00e8tres de hauteur.S&rsquo;\u00e9tant d\u00e9j\u00e0 ravis\u00e9e une premi\u00e8re fois, elle prend son courage \u00e0 deux mains, regarde la rivi\u00e8re en bas, s&rsquo;\u00e9lance puis en plein saut, paniqu\u00e9e, se retourne et tente de se rattraper aux bras de Don Bayardo, qui, manquant de tomber \u00e0 son tour, ne peut retenir Lara qui chute, effleurant de la t\u00eate le rocher. Plouf&nbsp;! Heureusement, elle est tomb\u00e9e droite, sans toucher quoique ce soit, les pieds en premier&#8230;.Plus de peur que de mal et nous terminons la descente sans incident mais sous une fine pluie.<\/p>\n<p>Le lendemain nous partons et c&rsquo;est un d\u00e9chirement pour tous, et toutes tombent en larmes.<\/p>\n<p>En arrivant, nous pensions rester un jour, pour le canyon, et nous sommes finalement rester une semaine chez Don Bayardo. C&rsquo;est pour des moments de vie comme ceux partag\u00e9s avec lui et sa famille que nous voyageons et nous esp\u00e9rons que notre bonne \u00e9toile nous fera rencontrer d&rsquo;autres belles personnes aussi sinc\u00e8res et g\u00e9n\u00e9reuses.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Nous arrivons \u00e0 Somoto le 5 ao\u00fbt, en \u00ab&nbsp;chicken bus&nbsp;\u00bb bien entendu. 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